LE HAMEAU DE OIGNIES - AISEAU-PRESLES

Activité de Claude JANSSENS, LSEA, Généalogiste & Héraldiste amateur

Oignies

Le hameau d’Oignies se situe au nord-est d’Aiseau-Presles le long de la Sambre et jouxte Tamines avec laquelle il possède des liens historiques profonds et partage les mêmes affinités culturelles, cultuelles et socio-économiques. Ce hameau, par ses parcularités, n’adhère pas réellement à l’entité d’AIseau-Presles et n’est, pour le moins, aucunement à sa place en Province du Hainaut pour être depuis des temps immémoriaux namuroise. Cela avec une certaine opposion entre les "djin de l'abi" et ceux des "mont de besaces", sobriquets respectivement donné par les gens d'Aiseau à ceux d'Oignies et par ces derniers aux premiers.

Armes aribuées à Oignies Belle-Vie : d’azur à deux fers de verrier passés en sautoir et un bourdon de pèlerin brochant en pal, accostés de deux fleurs de lis, le tout d’argent. Les armes sont formées d’un fer de verrier qui souligne le rôle important que pouvaient avoir les Glaces sainte Marie d’Oignies dans l’économie locale, le bourdon relève l’existence toute aussi prestigieuse du prieuré de l’Eglise saint Nicolas d’Oignies, tandis que les lys d’argent et le fond d’azur rappellent qu’Oignies fait aujourd’hui partie d’Aiseau - Le Parchemin : 1991, p. 355. FQ

L'église sainte Marie d'Oignies

De style roman, l'église inaugurée le 14 février 1909 et consacrée le 26 juin 1909. L'édifice abrite les restes du Chanoine régulier du prieuré Saint-Nicolas, le cardinal Jacques de Vitry, un reliquaire contenant une côte de Marie d'Oignies et deux confessionnaux ayant fait partie du mobilier de l'ancienne église du prieuré Saint-Nicolas.

A l’arrière plan, l’ancien prieuré saint Nicolas à Oignies.

L'église sainte Marie d'Oignies et l'arbre du Centenaire

L’église sainte Marie d’Oignies et l’arbre du centenaire. Ce tilleul avait été planté par les autorités communales d’Aiseau pour commémorer le centenaire de l’indépendance de la Belgique. Le cantonnier officiant a dû être Aubain BERTRAND, ancien houilleur et cantonnier. Ce bel arbre a succombé à la bêtise humaine vu que l’on avait autorisé l’implantation d’un tuyau de saumure pratiquement à ses pieds et qu’une fuite avait fait son œuvre néfaste.

Il est actuellement remplacé par une espèce de menhir que l’on doit approcher le plus près possible pour y voir une discrète inscription.

Le prieuré de l'église saint Nicolas à Oignies

L’ancien prieuré saint Nicolas, souvent qualifié d’abbaye d’Oignies se trouve dans le hameau ainsi que de nombreux vestiges des Glaces sainte Marie d’Oignies qui rappelle la grandeur passée d’Oignies.

Représentation : Remacle Le Loup. Gravure. Extrait de (p.-L. de Saumery), Les délices du païs de Liège, t2, Liège, 1740, entre p. 320 et p. 321.

https://books.google.be/books?id=eBxUAAAAcAAJ&pg=PA325&lpg=PA320&dq=Les+prieurs+d%27Oignies&source=bl&ots=QpRQjyggMY&sig=jrMLrTbHFNzi04pHdzvlyvzmNMg&hl=fr&sa=X&ei=otWCVITFE--LRywOIt4BI&ved=0CC0Q6AEwBTgK#v=onepage&q=Les%20prieurs%20d'Oignies&f=false

Prieuré de l'église saint Nicolas, pourquoi?

PRIEURE DE L’EGLISE SAINT NICOLAS D’OIGNIES.

A l’époque des fondateurs du prieuré, la Sambre était exploitée, tant bien que mal, par les bateliers du comté de Namur sous la protection de saint Nicolas, saint patron des bateliers, qui donnera aussi son nom à la corporation de ces métiers de la cité mosane. Des chapelles, en son honneur, bordaient donc les berges de cette rivière. Une de celles-ci se situait au bout de la ruelle d’Holy et Baty Alhotte rebaptisées, pour les besoins de la vanité humaine, rue H. Binon.

Baty d’Alhotte dont la partie donnant accès au site présumé de l’ancienne chapelle a été fermée pour des besoins privés, probablement plus importants à l’époque que la notion de patrimoine culturel, qui elle est d’intérêt public.

Rappel : Saint Nicolas était le saint patron des navigateurs pour être réputé sauveur de ceux-ci. Il faut savoir que le tonneau, d’où sortent des enfants sur les images populaires, était à l’origine un bateau avec des marins. En effet pour la réalisation des sceaux hagiographiques, il était d’usage d’agrandir certains éléments de scènes pour en souligner l’importance, c’est ainsi que la main bénissante du sceau du Prieuré de l’église saint Nicolas d’Oignies est démesurée par rapport au corps du saint. Cette technique présentant des marins démesurés par rapport au bateau et l’esprit des légendes faisant, certains ont pu y voir des enfants et appuyer ainsi la légende de saint Nicolas, qui a enjolivé notre enfance.

Sceau et contre sceau du Prieuré de l'Eglise saint Nicolas à Oignies

Saint Nicolas et le miracle de la tempête. Bas-relief de l'église Saint-Nicolas de Lesachtal, en Autriche.

Afflige des bateliers avec saint Nicolas, réalisée par l'orfèvre Paul Wanson ou Waneson en 1667.
Classé comme trésor de la Communauté Française le 9 Novembre 2012.
Œuvre exposée au Musée provinciale des Arts Anciens du Namurois (Musée TreM.a) à Namur.

Eglise sainte Marie d'Oignies : beau vitrail à l'effigie de saint Nicolas dont de la famille Georlette. Avec mes remerciements à Monsieur François BASSO, Sacristain à saint Marie d'Oignies.

Saint Nicolas - Etymologie du grec: Νικολαος qui signifie "victoire du peuple" νικη = "victoire" et λαος = "peuple"

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k738083/f2.image

 

Voir également : Le prieuré d'Oignies en page 320 et suite du  tome II des

Délices du pais de Liège et de la Comté de Namur

 https://neptun.unamur.be/s/neptun/item/8925#?c=0&m=0&s=0&cv=0

Le trésor d'Oignies

Le Trésor d’Oignies, une des sept merveilles de Belgique, contient notamment 32 pièces remarquables, classées patrimoine culturel mobilier exceptionnel par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les pièces d’orfèvrerie sont pour une grande part attribuées à Hugo d'Oignies et à son atelier. Cet ensemble est complété par le legs de Jacques de Vitry au prieuré, constitué d'objets provenant de sa chapelle privée. La Fondation Roi Baudouin veille désormais à la sauvegarde de cet ensemble inestimable mis en dépôt à la Société archéologique de Namur et exposé au TreM.a (Musée des Arts anciens du Namurois- Trésor d'Oignies).

La collection : https://oignies.collectionkbf.be/fr

Les prieurs

On peut trouver la liste des prieurs en se servant de ce lien :

https://books.google.be/books?id=eBxUAAAAcAAJ&pg=PA325&lpg=PA320&dq=Les+prieurs+d%27Oignies&source=bl&ots=QpRQjyggMY&sig=jrMLrTbHFNzi04pHdzvlyvzmNMg&hl=fr&sa=X&ei=otWCVITFE--LRywOIt4BI&ved=0CC0Q6AEwBTgK#v=onepage&q=Les%20prieurs%20d'Oignies&f=false

Les armoiries sont celles d'Isidore Frère, antépénultième Prieur de saint Nicolas d’Oignies. Les attributs ecclésiastiques ...sont ceux d’un Chantre ce qui n’est pas rare chez les Prieurs ayant été préalablement titulaire de cette charge.

A la démolition des bâtiments du prieuré ayant servis aux Glaces sainte Marie d’Oignies, les armoiries en questions se trouvaient dans un des murs et ont été recueillies et stockées dans un hangar aux Glaceries de la Sambre, devenus ensuite saint Roch, etc.

Lors d’un réaménagement au sein des Glaceries saint Roch, celles-ci ont été remises aux autorités communales d’Aiseau-Presles avec pour condition qu’elles soient exposées au bénéfice de la population.

Sur le bord de cette pierre, conservée dans le Parc des Glaceries à Aiseau-Presles dans le hameau de Oignies, on a gravé qu’il s’agissait de l’écusson des glaceries. C’est ce que l’on pourrait appeler une erreur monumentale. Il est d’ailleurs inconcevable qu’une société industrielle aurait pu opter pour des armoiries ecclésiastiques. Madame Bar, une ancienne institutrice, très impliquée dans l’histoire locale, était entrée en contact avec moi pour me faire part de son étonnement du fait de cette attribution aux glaceries. Il s'agit, en effet, des armoiries d'Isidore Frère, antépénultième, Prieur de saint Nicolas.

Elles apparaissent en page 320 de "des délices du pays de Liège" :

L’attribution des armoiries au Prieur Isidore Frère est aujourd’hui confirmée par l’empreinte de cire rouge du sceau de celui-ci vu, par notre concitoyen Jean-Philippe LALIEU, en fin d'un document de 1752 donnant l'inventaire des biens du prieuré. Inventaire qui faisait suite à la demande de la reine de Hongrie. Source : AEN fonds STASSART.

Les tombes au sein de l'église saint Nicolas

Le Cardinal de VITRY


C’est SOHIER, Prieur de saint Nicolas (1243/1253, 1255/1258), qui reçu la dépouille du Cardinal de VITRY, l’inhuma dans l’église (saint Nicolas) d’Oignies, érigea un monument au cardinal et qui fonda, en l’honneur de celui-ci, une messe spéciale, dite chaque jour, jusqu’en 1704.
Mausolée qui fut détruit sous le priorat de Jean de HEVILLERS (1343/1369). Confer Jean FICHEFET, Histoire du Prieuré de l’église SAINT-NICOLAS et du Béguinage d’Oignies, information tirée de : Abbé TOUSSAINT, Histoire du monastère d’Oignies ; L. LAHAYE, cartulaire de Walcourt ; Dom Ursmer BERLIERE, Monasticon belge, t.1 ; Ed. PONCELET, Chartes du prieuré d’Oignies ; Biographie nationale et Ch. BAIX, Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques.

Jacques de Vitry, chanoine régulier d’Oignies, légat par Innocent III dans les régions de Germanie et de Belgique. Il devint cardinal sous Grégoire IX. Décédé le 30 avril 1244, ses restes se trouvent sous l’autel dédié à sainte Marie d’Oignies.

Plus : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/jacquesvitry/table.htm (cursus à vérifier)

De nombreux nobles se firent également inhumer dans l’église saint Nicolas à Oignies dont

Gérard III de Marbais (°1280+1335), chevalier, châtelain de Bruxelles, seigneur de Marbais, de Luttre, de Gosselies, de la Hawe à Villers-la-ville, etc., n'assista pas à la bataille de Wœringen, le 5 juin 1288, à cause de son jeune âge. Un écu d'argent à la fasce de gueules accompagnée de trois merlettes du même rangées en chef.

Il gîsait dans l'église d'Oignies, près de la chapelle St Jean-Baptiste, à côté du chœur, sous une tombe haute de quatre pieds, avec cette inscription :

CHY GIST GÉRARD, SIRE DE MARBAIS ET KASTELA1N DE BRUXELLES, Kl TRÉPASSA L'AN DE LE NAVITEIT.... LE JOUR SAINT BENOIT. — PRIEZ DIEU POUR L'AME
DE LI.

A ne pas confondre avec Jean de MARBAIS, Prieur de saint Nicolas d'Oignies (1338/1343)

Armoiries de Gavre mais de l'ancien château d'Aiseau.

Adrien de Gavre, seigneur d'Aiseau, mourut le 8 juin 1614 fut enterré, en l'église de prieuré d'Oignies, ainsi que son épouse Anne Anne de Ligne qui lui survécut jusqu'en 1640.
Une pierre armoriée ornat ou orne encore ( ?) le porche de l’ancienne ferme de Baudekart. Celle-ci représente lesarmoiries d’Adrien de Gavre à savoir : un écu, à la bordure
engrêlée, au lion rampant, sommé d’une couronne de Comte à huit grosses perles, tenu par deux lions, chacun assis sur un boulet et dressant une bannière aux armes illisibles. Deux lettres A, entrelacées au centre des chiffres 1623 et placées sur un listel au dessus de la couronne, évoquent les initiales d’Adrien de Gavre et de son épouse Anne de Ligne.

Rasse-François de GAVRE, fils d'Adrien, et son fils Pierre-Eugène de GAVRE. Pierre-Eugène de GAVRE, Marquis d'Aiseau (le deuxième), était officier de cavelerie pour le Roi d'Espagne, il passa la plus grande partie de sa vie sous les armes. Né en 1626, il décédera le 13 février 1683 et sera inhumé à Oignies comme son père (Rase de Gavre).

Le Tome XVII des Annales de la Société archéologique de Namur signale en pages 328 et
329 :
« Dans le chœur de la chapelle du prieuré d'Oignies, aujourd’hui détruite, on trouvait sur une tombe l'inscription suivante :
1401. — « Chy gist johans, fils de Willaume dou Chenoit» de Tamines, qui trespassa l'an de grasce MGCCC et I,
» IXe jour du mois de marche. »

Deux autres tombes, placées dans le cloître du même prieuré, avaient pour épitaphe :
1410. — « Chy gist damselle Ide Catherine, fille à» Willaume du Chenoit de Tamines, qui trespassat l'an » de grasce MCCGC et X, le jour de saint Lambert. »
1412. - « Chy gist Andry, fils Thiri, Chevalier de Tamines, » qui trespassat l'an de grasce MCCCCXII au mois de jenvier » XXVII» jour 1. »

1 Extrait de Leroy, Topographia Gallo-Brabantiae, LE ROY, Jacques, baron (1633-1719).

Plan d'Oignies vers 1833

On peut y voir :

Chemin n° 8 = chemin de Tamines, nommé aujourd’hui  "rue Henri Rousselle",  jusqu’aux Caves d’Artois, et ensuite "rue d’Oignies" jusqu’à Tamines.

Chemin n° 38 = chemin de la Respe inclus en partie dans la rue Auguste Varet

Chemin n° 10 = chemin du Fonds des Haulées  (descentes d’eaux) nommé aujourd’hui  "rue des Ecoles" et  ensuite "rue Isolée" jusqu’à sa jonction avec le chemin n° 9 abandonnant la fin de son parcours vers Falisolle qui recoupe le chemin du Stroit Bois (chemin n° 21).

Chemin n° 9 = chemin d’Hamion aujourd’hui repris dans la "rue Isolée" jusqu’à la rue d’Hamion à Falisolle.

Chemin n° 11 = chemin Sainte-Marie à l’Estache inclus aujourd’hui dans la "rue de Le Roux".

ETAT ET DEVENIR DU SITE

Informations sous réserve de l'évolution des projets :

https://atelier-arc.eu/projets/infos/prieure-doignies-hainaut

 

MARIE D'OIGNIES